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Black Bass France en actions

Franck Rosmann BBF 1997

Nous accueillons aujourd’hui Franck Rosmann, fondateur de Black Bass France (BBF). Une association fondée par des passionnés de la pêche du black bass, qui fêtera, l’an prochain, ses 25 ans.

Franck nous raconte comment lui est venu ce virus, sur quels projets l’association a pu travailler, évoque l’évolution de la pêche du black bass… Cet article est une retranscription d’une conversation téléphonique où mon interlocuteur semblait comme possédé par le black bass, sa pêche et sa protection… J’espère juste que cette passion sera perceptible via ces quelques lignes !!

© Franck Rosmann / BBF
  • Comment est née l’idée de créer Black Bass France ? D’où te vient cette passion ?

Cette passion pour le black bass remonte au début des années 80, lorsque habitant dans le sud-ouest, j’ai eu la chance de croiser cet extraordinaire poisson dans les lacs du sud des Landes, grâce à mon père. Quelques années plus tard, lors de mon service militaire, une sacré coïncidence me fait connaître en détail la « pêche mode US » au travers d’un livre que le vendeur d’une canne à mouche d’occasion m’avait gentiment confié… J’ai ainsi découvert du matériel mouche et lancer inédits, des bouquins dédiés au black bass, 3-4 adresses US, et j’ai commencé à m’équiper petit à petit, en contactant Bass Pro Shops et d’autres boutiques américaines spécialisées dans le fly tying et fly fishing … par aérogramme et par fax au début. 😊

S’en sont suivies beaucoup de rencontres, avec des personnes passionnées comme moi par ce poisson. Je me souviens du Salon de Clermont en 1993 : nous avions exposé notre bateau, aménagé en bass boat. On nous prenait franchement pour des extraterrestres avec leur navette spatiale 😊

Mais très vite, plus que pêcher du black bass, s’est posée la question de sa protection et de son « développement » !! Et nous avons rapidement compris qu’il était nécessaire de se fédérer et de faire évoluer la réglementation…

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Interview de France 3 au salon de Clermont en 1995© Franck Rosmann / BBF
  • Justement, quels sont les objectifs de BBF ?

L’objectif au départ était de promouvoir de nouvelles techniques de pêche, de contribuer au développement de nouveaux leurres en France. On a également participé à populariser certaines techniques existantes aux US et au Japon. Pour les objectifs précis de l’asso°, je vous laisse parcourir notre site web : Black Bass France. Mais l’idée, c’est aussi de sensibiliser à la fragilité des milieux, d’expliquer comment le black bass peut être complémentaire à d’autres espèces présentes dans nos eaux, à l’importance de relâcher correctement les poissons… Il y a aussi l’aspect économique : développer la pêche du black bass sur un territoire peut permettre de faire venir des pêcheurs, en faisant travailler le commerce local (nuitées, détaillants de pêche…).

Voici par exemple un lien vers une étude que nous avons réalisée en juin 2017, sur l’impact économique de la pêche du black bass en France.

  • Peux-tu nous donner des exemples de projets portés ou accompagnés par BBF ?

Le changement de la taille légale de capture, voté en 2004, est assurément l’un des « gros fait d’armes » de l’association !! Une demi-douzaine d’années de mobilisation, de réflexion et de discussions, puis 2 ans de travail pour convaincre… S’attaquer à une modification de texte de loi, à faire valider devant l’Assemblée Nationale et par le Conseil d’État, c’était un gros boulot !!

Je peux aussi citer l’introduction de black bass sur le lac de la Bancalié dans le Tarn en 2001. Un lac de barrage de 90 hectares soumis à des variations de niveau, où les alevinages en brochet n’avaient pas rencontré de succès… Une belle opportunité s’est présentée, avec à l’époque un jeune bureau d’AAPPMA fraîchement élu… Ce projet d’introduction de poisson s’était bien passé, le black bass est toujours présent dans ces eaux. Je remercie encore une fois Arnaud Darde et Jean-Christophe Blanc qui nous ont ainsi permis de mettre sur pied ce fameux projet.

Il y a aussi beaucoup d’actions locales portées par les fédés ou les AAPPMA, via nos Antennes Régionales, impossible de les citer toutes !!

bass 1 été
© Franck Rosmann / BBF
  • Vous organisez également les rencontres BBF au mois de septembre !!

Effectivement : les rencontres BBF ont lieu chaque année en septembre, et c’est à cette occasion qu’a lieu l’AG de l’association. Ce week end 100% black bass a permis et continue de permettre aux adhérents de partager leur passion. Nombre de participants qui sont venus se former auprès des anciens sont aujourd’hui à la tête d’entreprises halieutiques !!

A savoir aussi : l’association réalise un Bulletin de liaison de BBF, qui a longtemps été le seul moyen de communication entre le Bureau et les membres. Edité 4 fois par an, il rassemblait les infos des Antennes Régionales, mais aussi tout un tas d’articles sur la pêche et la biologie du bass. Un ouvrage que les adhérents attendent avec impatience ! Et oui, en des temps pas si lointains, Internet et les réseaux sociaux n’existaient pas !!

Anciens bulletins de liaison de Black Bass France
Anciens bulletins de liaison de Black Bass France © Franck Rosmann / BBF
  • Où en est la pêche du black bass en France et chez certains de nos voisins ?

J’ai l’impression que la pêche du black bass baisse un peu en intensité en Italie et au Portugal, même si ce poisson reste emblématique… Par contre au Maroc par exemple, des projets intéressants voient le jour pour la protection de ce poisson et la gestion de sa pêche. Même sans trop de moyens, la pêche du black bass jouit d’un véritable engouement, et devrait apporter un bon coup de pouce à l’économie marocaine (boutiques de pêche, hébergements, guides, etc.).

En France, nous sommes toujours sur une phase ascendante : certaines marques vendent beaucoup de matériel orienté black bass, des fédés de pêche ont initié un travail de développement de cette pêche, et en espèrent des retombées…

Alors bien sûr, impossible de nous comparer aux US : là-bas ce poisson est présent partout, il s’agit d’un poisson endémique : c’est le pays natif du black bass. La pêche du black bass est dans l’ADN des américains, des milliers de personnes en vivent. Le Japon a également mis les moyens pour développer cette pêche, et la machine économique a suivi

Bass boat BBF Rencontres 1997
Bass boats BBF – rencontres 1997 © Franck Rosmann / BBF
Bass boats BBF Rencontres 2007
Bass boats BBF – rencontres 2007 © Franck Rosmann / BBF
  • Quelques pistes pour continuer à développer le black bass en France ?

L’une des options (peu travaillée jusqu’ici) pourrait être de réfléchir à l’introduction de l’achigan à petite bouche (Smallmouth bass, Micropterus dolomieu). Cette espèce de poisson n’est pas présente en France, mais ne serait pas susceptible de créer des déséquilibres biologiques. La pêche du smallmouth bass pourrait se développer sur des secteurs peu valorisés du point de vue halieutique, comme les lacs de barrage de moyenne montagne par exemple.

Une autre piste serait de mieux tenir compte des spécificités de chaque espèce de poisson lors de l’élaboration des règles de pêche, plus précisément pour les dates d’ouverture. J’ai bien conscience que complexifier la réglementation ne va pas développer le loisir pêche. Enfin, c’est que que l’on pourrait croire de prime abord !!! Mais mieux prendre en compte les périodes de reproduction des poissons est pourtant primordial. Déjà à l’époque, l’exemple de la Dordogne était remarquable, avec une « ouverture morcelée » : la pêche du brochet ouvre le 1er mai, le sandre le 19 mai et le black bass le 16 juin. Demandez à la FD 24 comment se portent le tourisme pêche et les populations piscicoles dans son département. 😊

Ce type de mesure pourrait s’accompagner par exemple par des applications développées pour améliorer la connaissance des lois par les pêcheurs, renseigner les personnes sur la vie des poissons (fraie des blacks bass par exemple…). En bref, évoluer vers une ouverture morcelée, donc pas forcément le 1er mai pour tous les carnassiers, mais en accompagnant les pêcheurs. A l’ère des smartphones et avec les moyens de communication et de connexion qui existent aujourd’hui, rien de plus simple.


A entendre Franck, on comprend bien à quel point il est habité par la pêche de ce poisson 😊 On aimerait bien discuter un peu plus avec lui, ou mieux : l’accompagner pour aller rencontrer quelques poissons sur ses plans d’eaux préférés…

Je remercie chaleureusement Black Bass France, et surtout Franck et Etienne pour avoir pris le temps de répondre à nos questions et pour avoir partagé leur passion…

Si vous souhaitez rejoindre Black Bass France en adhérant à l’association, c’est par ici que ça se passe : rejoindre BBF.

BBF family 2010
La BBF family réunie en 2010 © Franck Rosmann / BBF

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