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Pêche dans le Lot : des études scientifiques éclairantes !!

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Pêche dans le Lot : joli black-bass capturé au leurre souple

La Fédération de Pêche du Lot s’est associée à des scientifiques afin d’étudier les comportements et caractéristiques des principaux poissons peuplant ses eaux : brochet, black-bass, sandre, silure, perches et truites. Il s’agit tout autant de protéger ces différentes espèces de poissons et de promouvoir la pratique d’un tourisme pêche responsable.

Etude de la communauté des top-prédateurs

Consciente du rôle important des prédateurs pour le fonctionnement des écosystèmes aquatiques lotois, la Fédération de Pêche du Lot a souhaité étudier le comportement de ces espèces de poissons (brochet, silure, sandre, perche et black bass). L’objectif était notamment d’apporter des connaissances scientifiques précises, permettant une meilleure gestion des ressources aquatiques.

Les scientifiques du laboratoire Ecolab de l’Université Paul Sabatier de Toulouse se sont par exemple intéressés au devenir des brochets de pisciculture déversés dans le milieu naturel. Des résultats intéressants sur ce sujet nous sont proposés :

  • « Sur 5 ans, une moyenne de 20 % des brochets lâchés à plus de 50 cm sont capturés » ;
  • « Le déversement de brochets de plus de 50 cm est 4 fois plus efficace pour assurer leur recapture que celui des “petits” brochets » ;
  • « La rivière Lot offre des conditions de croissance très favorables au brochet (moyenne de 20 cm par an) ».
Remise à l'eau d'un brochet pêché sur le Lot
© Fédération de Pêche du Lot

Un programme de recherche réalisé depuis 2013 sur la génétique des brochets du Lot (par analyse de fragments de nageoires) a par ailleurs permis de « discriminer les brochets natifs ». Pour chaque individu capturé lors de l’étude, il s’agit de déterminer si le poisson est né dans la rivière, ou bien s’il est issu de déversement. L’étude a notamment permis de montrer que « les brochets issus de pisciculture ne participent pas ou très peu à la reproduction, leur intérêt sur la zone d’étude est essentiellement en faveur de la pêche sportive ».

Cette étude avait également comme objectif de travailler sur l’organisation de la communauté des top-prédateurs, en s’intéressant à leur régime alimentaire. Il apparaît que si « le brochet et le silure ont un régime alimentaire comparable (majoritairement composé de petits cyprinidés et d’écrevisses exotiques), […] la présence du silure ne semble pas impacter la ressource alimentaire de brochets ». L’étude a par ailleurs observé que le silure colonise certains habitats, « sans impact avéré sur les autres espèces ».

Perche à proximité d'un récif artificiel, dans le Lot
Perche à proximité d’un récif artificiel © Fédération de Pêche du Lot

Dans le cadre de ces travaux, les équipes ont également expérimenté le recours à des récifs artificiels. Différentes techniques d’observation (caméras subaquatiques, plongées, pêche électrique) ont permis de constater que les poissons ont colonisé ces récifs en quelques semaines. L’installation de ces dispositifs dans le Lot à Cahors a ainsi contribué à concentrer les poissons (petits cyprinidés – perche commune, black-bass, silure).

Autant d’éléments scientifiques concrets qui permettent à la Fédération du Lot pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique de mettre en œuvre une gestion responsable de la communauté des top-prédateurs du Lot.

Etude des poissons du Lot
© Fédération de Pêche du Lot

Etude des populations de Truite commune du département du Lot

Identifier les diverses populations de truites des cours d’eau du département ; vérifier la présence de poissons de pisciculture et l’existence de différentes lignées sauvages. Voilà les 2 principaux objectifs de cette étude menée sur les rivières lotoises.

Près de 800 truites ont été capturées (par pêche électrique) et analysées sur 24 cours d’eau du département. Des prélèvements de fragments de nageoire caudales ont permis d’étudier les caractéristiques génétiques de ces poissons. Les photographies réalisées sur les captures ont aidé les scientifiques à travailler sur les robes des truites, en particulier les caractères de ponctuation (taille et nombre des points rouges et noirs) et les caractères d’ornementation (couleur, tâches, liserés, ocelles, franges…).

Etude des caractéristiques des truites du Lot
Etude des caractéristiques des truites du Lot © Fédération de Pêche du Lot

5 lignées génétiques ont ainsi pu être identifiées dans le département du Lot : Bave, Cère, Célé amont, Céou, affluents du Lot aval), des « lignées qui suivent une logique géographique de bassin-versant ».

Il ressort également de cette étude que 70 % des truites des cours d’eau du département sont sauvages (« génétiquement pures »). 15 % des poissons sont des truites domestiques, issues de déversement d’œufs ou d’alevins. Les 15 derniers pour cent sont des poissons « hybrides » (croisements entre truites sauvages et domestiques).

L’étude conclut par ailleurs que la « réussite de ces déversements d’œufs ou d’alevins est relativement faible, voire nulle, lorsqu’une population de truites sauvages est en place ».

La lecture de ces différents résultats va pouvoir faire évoluer la politique de gestion départementale « avec, lorsque cela est possible, la mise en place d’une gestion patrimoniale ». Le déversement d’œufs ou d’alevins ne devrait maintenant plus concerner que les « secteurs non connectés à d’autres cours d’eau […] et sur lesquels le cycle complet de développement de la truite est fortement perturbé ».

Sur certains parcours soumis à une forte pression de pêche où les truites sauvages sont absentes (ou rares), des déversements resteront possibles en truites farios adultes (« temps de séjour court ») et en truite arc-en-ciel (« pas de reproduction en rivière »). La gestion patrimoniale mise en place sur l’ensemble du bassin n’entre pas en contradiction avec le « déversement de truites portions, réguliers et localisés sur des parcours labellisés qui participent à la promotion du loisir pêche ».

 

Les synthèses de ces 2 études sont à télécharger sur le site de la Fédération du Lot pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique.

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