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A la recherche des saumons de l’île de Vancouver

Types de pêche : Mouche et Truite et saumon. Destinations : Canada.
pêcheur dans la rivière Stamp - île de Vancouver

La rivière Stamp - île de Vancouver © Guillaume Barranco

L’interview de Guillaume

Juste une petite présentation… pour faire connaissance 🙂

Guillaume, 36 ans, passionné de pêche depuis tout petit, j’ai découvert la pêche à la mouche il y a une dizaine d’années en m’installant dans les Pyrénées-Atlantiques. On peut dire que j’ai les deux pieds bien ancrés dans le milieu halieutique puisque je suis directeur de fédé depuis quelques années… Grand amateur de voyages, je recherche en particulier les gros salmonidés à la mouche. Papa depuis peu, j’aurai sans doute moins l’occasion de parcourir les berges alors c’est le moment pour moi de partager, sans prétention aucune, un peu d’expériences passées !

De quel pays reviens-tu ? Combien de temps a duré le voyage, et quels types de poissons voulais-tu pêcher en particulier ?

Je reviens du Canada, et plus précisément de l’île de Vancouver (province de Colombie-Britannique). On est partis à deux entre mi-septembre et mi-octobre pendant 3 semaines, avec mon collègue Jean, avec lequel je voyage la plupart du temps. On était principalement à la recherche des salmonidés migrateurs. Donc autant dire énormément d’espèces « pêchables » entre tous les saumons du Pacifique présents sur l’île.

Pourquoi avoir choisi cette période de mi-septembre/mi-octobre ?

On est partis à cette saison, car c’est celle qui permet de rencontrer les principales espèces de saumon sur l’île (elles sont toutes présentes même si comme partout ailleurs il y a moins de sockeye). Mais septembre octobre sont surtout recherchés pour les remontées de coho et la fin des chum. Et en fait, c’était une saison très particulière en cette année 2017, car terriblement sèche. Les gens n’avaient pas vu des cours d’eau aussi bas depuis longtemps. Du coup, contre toute attente on a surtout capturé des king (alors que pour moi c’était le Graal) et sur la fin des coho (peu) et des chum (très peu).

saumon coho - île de Vancouver
Saumon coho – île de Vancouver © J. Otazu

Comment as-tu organisé ton voyage (sur Internet, en contactant les autorités locales directement, en sollicitant les services d’un guide de pêche ?)

On organise généralement nos voyages à la « débrouille » et en farfouillant sur internet. Je dois bien avouer qu’il y a encore un an, je ne mettais aucune image sur cette destination… Avant de poser les pieds sur le sol canadien, je pense que j’avais dû visionner à peine une dizaine de photos de rivières sur le net. En général, j’aime bien partir à l’exploration et à la recherche d’infos une fois sur place. Bon, à ce stade, je dois évidemment remercier mon collègue Jean, parfait G.O. comme à l’accoutumée. Il avait effectué de nombreuses recherches sur le net (pas facile de trouver des infos pertinentes sur les cours d’eau de l’île d’ailleurs) et avait contacté un fly shop qui nous a bien aidés !

Précisons également que nous ne nous sommes pas souciés de l’hébergement sur place puisque nous dormions sous les tentes !

(Retrouvez les informations sur les règles de pêche en Colombie-Britannique sur Travelers & fish – règles Colombie Britannique )

Quelles rivières as-tu pêché ?? (les plus importantes, ou celles qui t’ont le plus marqué…)

On a dû pêcher une bonne douzaine de rivières, la plupart situées sur la moitié nord de l’île (la moins peuplée bien évidemment, je parle d’humains et non pas d’ours…). Trois rivières m’ont particulièrement marqué et pourtant sur deux d’entre elles, nous n’avons quasiment pas capturé de poissons !

La première est la « Stamp », une des rivières les plus fameuses de l’île. C’est une des premières rivières que l’on a pêchées au cours du séjour. Située sur la côte ouest, cette rivière est magnifique et m’a beaucoup fait penser à nos chers gaves béarnais. Une petite différence avec le nombre de salmonidés migrateurs présents. Environ 40 millions de poissons remontent chaque année le cours d’eau… Oui, oui tu as bien entendu !

Le second cours d’eau qui me revient en mémoire est la « Conuma ». Le fly shop nous avait dit « good river now »… Et comment ! On a « fait pêche » sur une courte après-midi en sortant facilement une bonne dizaine de saumons king de 7 à 12 kilos sur le même spot. C’était du grand n’importe quoi, avec des tas de bêtes à poils noirs en face de nous qui venaient becqueter les poissons en fin de vie en même temps. Scènes incroyables !

pêcheur sur l'île de Vancouver
Saumon king – île de Vacouver © J.Otazu

Le dernier cours d’eau auquel je pense est situé tout au nord de l’île, au bout du bout. Le premier village est à une bonne heure de piste… il s’agit de la San Josef. Je ne sais pas si c’est le côté rivière du « bout du monde » qui réveille en moi quelque chose de particulier, mais il faut dire que le site de pêche était extraordinaire. L’un des rares accès se fait à travers une des immenses forêts qui couvrent l’île (environ une heure de marche) puis la traversée d’une baie sauvage d’environ 1 km. La rivière se jette là dans ce coin sauvage où seuls quelques surfeurs viennent de temps en temps traquer les vagues. On s’est donc retrouvés là, seuls au monde et assez émerveillés par l’endroit. Si bien qu’on s’est fait un peu surprendre par la marée et qu’on a plutôt mal pêché ce petit estuaire. Et pourtant il y avait des cohos qui sautaient dans tous les sens !

baie de San Josef - île de Vancouver
Baie de San Josef – île de Vancouver © Guillaume Barranco

Peux-tu nous dire quelles techniques ont été particulièrement efficaces en fonction des poissons recherchés ?

On a pêché, comme dans la plupart de nos voyages, exclusivement à la mouche. Pour la pêche des saumons, cannes à deux mains ou switch en soie de 8 minimum. On utilisait généralement des mouches achetées dans le fly shop que l’on avait pu trouver le long de la route. Généralement des mouches lestées et très colorées (du rose au vert fluo). J’avais souvent l’impression que ce n’était pas la qualité de la mouche qui faisait la différence mais bien l’animation. Habitués à pêcher les migrateurs sur les rivières puissantes, on a souvent utilisé des shootings, la plupart du temps assez légers (1/2). Mais dans certains cas précis (courants lents et profonds), il fallait stripper très légèrement la mouche en pêchant en flottante avec un polyleader assez lourd. Pêche assez rebutante au début mais terriblement efficace une fois maîtrisée !

Côté truite, je pense avoir rarement assisté à une aussi grande frénésie en pêchant « sous la canne ». On n’a pas beaucoup insisté parce qu’il y avait déjà beaucoup à faire avec les saumons, mais du peu que j’ai essayé, c’est genre 7 poissons dans la même coulée, avec la même nymphe en 10 lancers… Pas besoin de se tracasser pour choisir quel type de nymphe ou quel type de sèche !

Truite - île de Vancouver
© Guillaume Barranco

Quel est LE spot fétiche que tu as découvert ? Là où tu aimerais pêcher maintenant au lieu de répondre à mes questions (si ce n’est pas top secret bien sûr😊)

Peut-être celui que je n’ai pas découvert justement ! Même si on a parcouru bon nombre de cours d’eau de l’île, en particulier au nord, il doit en rester quelques-uns à explorer, en particulier le long de la côte nord-ouest. Mais pour répondre à ta première question, je pense quand même souvent à la San Josef

Estuaire de la San Josef - île de Vancouver
Estuaire de la San Josef – île de Vancouver © Guillaume Barranco

Quel matériel avais-tu fait voyager ? As-tu une canne fétiche ?

Camping + pêche = des sacs à gogos. J’ai rarement voyagé avec autant de matériel, mais le fait de dormir sous les tentes nécessite quelques bagages et une bonne organisation. Côté pêche, on avait vu gros, car on a voyagé avec 7 cannes !!!

Pour les cannes, je peux parler de cannes fétiches puisque chaque voyage aura sa propre canne. Mais pour la truite je fais toujours suivre ma Winston boron 2MX en 9’ soie de 4 que j’ai trainée un peu partout depuis les truites trophées de Nouvelle Zélande en passant par les petits cours d’eau irlandais, et bien entendu qui m’accompagne sur les gaves. Pour les cours d’eau rencontrés sur l’île de Vancouver, une switch en soie de 8 ou 9 ou une canne une main en soie de 10 semble faire l’affaire.

Ce qui t’a marqué dans ton voyage de pêche ?? Par rapport aux « coutumes locales », aux espaces naturels rencontrés, au comportement de telle espèce de poisson, à comment s’y pratique la pêche ou aux règles à respecter…

Ce qui est peut-être le plus marquant une fois sur place, et que j’ai déjà vécu par ailleurs, notamment en Nouvelle-Zélande, c’est l’impression de liberté totale une fois les pieds dans l’eau. L’accès à la pêche est relativement aisé (une carte de pêche revient à un peu plus de 50 euros) et le linéaire de cours d’eau « pêchables » est impressionnant. Il semble facile de partir à pied pendant 2 à 3 jours sur un cours d’eau sans croiser personne, hormis la faune locale (des bêbêtes noires de 300 kilos…).

L’autre particularité par rapport aux espèces rencontrées, c’est la densité des remontées par rapport à ce qu’on peut connaître sur la façade atlantique. Quand tu pêches un pool là-bas, tu sais qu’il y a 200 poissons dedans (et des fois bien plus)… Donc en général tu recherches les concentrations, bien visibles par l’accumulation de taches noires dans l’eau !

Pool à saumon - île de Vancouver
Une densité de poissons exceptionnelle – île de Vancouver © Guillaume Barranco

En termes de gestion des espaces naturels, d’organisation de la pêche ou de préservation des ressources halieutiques… es-tu reparti avec des idées de politiques publiques à mettre en place, des idées sur les règles de pêche à faire évoluer, etc.

Les Canadiens sont à l’image des Américains, des gestionnaires relativement pragmatiques en matière de pêche. Les rivières sont peu impactées dans leur ensemble sur l’île (peu d’habitants, pas de grands barrages) hormis par l’exploitation forestière. Ils gèrent donc plus la pêche que les poissons eux-mêmes. Du coup et c’est un peu déroutant de prime abord, de nombreuses installations piscicoles sont aménagées le long de la plupart des cours d’eau. De nombreux géniteurs remontants sont ainsi capturés et « strippés » pour produire de l’alevin à foison qui sera réintroduit. Ceux-ci servant à la fois à la pêcherie professionnelle installée en mer mais également à la pêche de loisir (dont la pêche en bateau en mer, très développée là-bas). Du coup, tu te poses forcément souvent la question de savoir si le saumon que tu viens d’attraper est né de façon « naturelle » ou non…

Aurais-tu une petite anecdote pour finir ?

Des anecdotes, j’en ai plein le tiroir ! Deux cannes cassées, des ours qui te regardent dans le blanc des yeux et te font comprendre que tu es chez eux et que ce serait bien que tu dégages…

La plus significative est sans doute cette rencontre inopportune en pleine nuit avec une maman ourse et son petit qui, effarouché, a eu la bonne idée de grimper à l’arbre situé juste au-dessus de nos tentes. Je n’avais jamais entendu le souffle d’un ours d’aussi près… Une fois sortis de nos tentes et après avoir observé le petit ourson redescendre gentiment de son arbre pour rejoindre sa maman, il fallait se convaincre d’aller se recoucher. De toute façon je n’ai jamais aussi mal dormi dans la nature. 🙂

campement île de Vancouver
Campement sur l’île de Vancouver © Guillaume Barranco
Ours sur l'île de Vancouver
Ours sur l’île de Vancouver © Guillaume Barranco

Point Carte

Merci à Guillaume d’avoir pris le temps de nous raconter son voyage, nous sommes ravis qu’il n’ait pas été dévoré par un ours 🙂

Une réflexion sur « A la recherche des saumons de l’île de Vancouver »

  1. Bonjour Guillaume,
    je me permets de t’écrire car j’ai programmé d’aller en septembre 2019 sur l’île de Vancouver pêcher le saumon et la truite avec un copain.
    je suis moucheur depuis 18 ans et je souhaiterai avoir quelques infos supplémentaires à ton récit de pêche.
    j’ai plein de questions à te poser mais je vais essayer d’être le plus bref possible.
    pourrais tu me donner les coordonnées d’un Flyshop au nord de l’île afin d’y acheter nos permis ainsi que du matos ( mouches, ect ) et des renseignements sur les rivières à pêcher ( truites et saumons )
    mon objectif est de faire du bivouac sur quelques jours en remontant les rivières.
    je te remercie par avance
    je m’appelle Vergnaud Sébastien

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