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A la recherche du peacock bass au Brésil

Types de pêche : Carnassier. Destinations : Brésil.
Pêcheur tenant un peacock bass dans les mains au Brésil

superbe poisson qui peuple ces eaux brésiliennes - Peacock bass, cichla temensis © Etienne Fleurant

Le récit d’Etienne

Certains voyages représentent de véritables étapes dans le parcours du pêcheur sportif. Que ce soit de par la destination, le mode de pêche ou encore l’espèce recherchée, certaines expériences vont bien au-delà de simples vacances. Se confronter à une carangue GT au lancer avec des poppers et stickbaits de 200 g, à un bonefish à la mouche avec une imitation de crevette. Rechercher un tarpon, ou se lancer dans la capture d’un migrateur en Terre de Feu, ces immersions ont la capacité à changer radicalement votre vision de la pratique de la pêche.

Paysage du Brésil, sur les rives du Rio Negro
© Etienne Fleurant

La recherche du peacock bass dans son bassin d’origine au milieu de l’Amazonie fait assurément partie de cette caste. D’autant plus si jusqu’à maintenant, vos pêches de prédilection ressemblaient à celles du black bass avec des leurres de surface.

Contexte

Vous aurez plusieurs manières de prendre la mesure du terrain de jeu au sein duquel vous pénétrez. Si vous avez la chance de faire un vol au-dessus de la zone, vous ne pourrez que constater l’étendue immense des ramifications que dessine le Rio Negro qui deviendra ensuite l’Amazone à la suite de sa jonction avec le Rio Solimoes. Si vous optez pour le transport fluvial, la longueur du trajet vous rappellera que vous commencez à vous éloigner des villes, de ses habitants et que vous pénétrez peu à peu dans le territoire des amazoniens et celui du peaock bass.

Vue des méandres du Rio Negro depuis l'avion
Les méandres du Rio Négro vues du ciel © Etienne Fleurant

L’immensité de la zone n’en fait pas un de ces sites intimes comme peuvent, par exemple, le faire de petites rivières cachées de moyennes montagnes. Ici c’est davantage la démesure qui provoque une perte momentanée des repères courants.

Au milieu de l’Amazonie, quasiment sur l’Equateur, on imagine que l’on va croiser une multitude d’oiseaux et d’animaux. C’est vrai mais ils vous verront probablement bien avant vous. Cela reste une zone plus ou moins préservée, sauvage et il faudra mettre à profit tous les instants au sein de cet écosystème exceptionnel pour pouvoir l’appréhender. Les caïmans, les dauphins d’eau douce se montreront rapidement. Les loutres, les pécaris et les capybaras sont plus rares, comme les tortues. Vous entendrez les singes mais vous les verrez rarement. Les oiseaux, Ara en tête, vous survoleront mais vous pourrez tout de même distinguer leurs couleurs resplendissantes. Il vous faudra probablement plusieurs séjours pour avoir la chance de poser l’œil sur un jaguar.

En revanche, pour ce qui est des habitants des eaux, leur découverte sera généralement plus rapide. La diversité est importante, au moins une dizaine d’espèces sera capturable aux leurres. Mais ce qui vous marquera longuement c’est la première attaque d’un peacock bass de 5 kg sur un leurre à hélice. De la vague qui se soulèvera derrière votre leurre à hélice ramené énergiquement jusqu’à l’aspiration bruyante de celui-ci, ces images resteront gravées et vous procureront l’envie que cela se représente aussi souvent que possible jusqu’à considérer une nouvelle venue en terre amazonienne.

Coucher du soleil sur le rio Negro - Brésil
Fin de journée sur le Rio Negro © Etienne Fleurant

La pêche

Comme pour chaque voyage de pêche, il y a bien entendu l’idée que l’on s’en fait et la réalité du moment. Aussi, est il toujours bon, en plus d’avoir un matériel destiné à la recherche spécifique du peacock bass, de prévoir quelques leurres d’appoint qui vous permettront de cibler les autres espèces présentes. D’ailleurs, même en ce qui concerne le peacock en lui-même, plusieurs espèces sont présentes dans le Rio Negro et ses affluents, dont certaines ne deviennent pas très grosses. Et si bien évidemment, la cible prioritaire sera le temensis, l’espèce la plus grande, la diversité et les couleurs des butterfly et des monoculus seront agréables.

L’essence même de la pêche du peacock bass, qui constitue l’un des emblèmes de la pêche sportive en eau douce, demeure la pêche de surface notamment à l’aide de poissons à hélice de 15 à 20 cm. Pour cela et afin d’animer convenablement ce type de leurres, un ensemble casting composé d’une canne heavy et d’un moulinet à ratio rapide sera conseillé.

Les poppers, stickbaits et les minnows complèteront votre attirail. Là aussi, une canne casting sera particulièrement adaptée. On la choisira tout de même moins puissante pour permettre l’animation efficace de ces leurres à twicher. Pour finir, quelques bucktail jigs pourront vous aider si les poissons sont positionnés plus en profondeurs ou sur des zones fortement sollicitées. Ici, l’animation sera en revanche plus aisée en spinning. Un modèle type médium heavy avec un moulinet de taille 3000 sera idéal.

Boîte des leurres utilisés pour ce voyage
Quelques leurres qui vont partir au combat !! © Etienne Fleurant

Concernant la ligne, une tresse de 60 à 80lbs semble être la norme pour faire face aux conditions rencontrées. Que ce soit pour faire face aux poissons, aux frottements dans les branches, sur les cailloux ou lors des déplacements en bateau, une référence robuste sera privilégiée. Le magasin le plus proche est vraiment loin… Et il est nécessaire que le matériel assure sa fonction durant l’ensemble du voyage. C’est la raison pour laquelle une tresse 4 brins représentera bien souvent un meilleur choix quitte à perdre un peu en confort et en distance de lancer. Anneaux brisés et hameçons seront adaptés à la taille des leurres et seront correctement dimensionnés.

Il ne faut pas oublier une bonne pince ainsi qu’un fishgrip. En Amazonie, beaucoup de poissons possèdent une sérieuse dentition. De plus l’éloignement avec le premier centre de soin devra vous dissuader de prendre un quelconque risque.

Pour des raisons évidentes liées aux contraintes de transport, il est judicieux de se tourner vers des modèles de cannes destinés au voyage à faible encombrement qui évitent un surcoût important en bagages. Sakura possède par exemple une série Trinis travel.

Pour les moulinets, qu’ils soient spinning ou casting, un ratio rapide permettra de récupérer le mou occasionné par le type d’animation en saccades. Ici les modèles légers n’ont pas leur place. Les Revo Beast ou ALX de chez Abu Garcia apportent leur gage de fiabilité et possèdent un frein efficace.

Les cannes à pêche qui ont fait le voyage et qui vont se mesurer aux poissons du Rio Negro
La session peut commencer © Etienne Fleurant

Cette destination étant connue depuis de longues années, il n’est pas trop difficile de trouver des informations sur la pêche. Et même si la zone est fréquentée, sa superficie importante permet de limiter la pression de pêche. Toutefois et comme dans de nombreuses situations, il sera souvent payant de faire les efforts nécessaires pour aller exploiter les zones les plus reculées, les moins accessibles.

Des expériences contrastées

Lors de notre premier séjour, les hauteurs d’eau qui semblaient un peu basses se sont révélées excellentes pour la petite embarcation que nous avions choisie. En effet, dans de nombreux cas, on choisit un bateau hôtel dédié à l’intendance avant de se lancer à l’assaut des berges, des lagunes à l’aide de barques annexes.

"bateau mère", avec le bass boat en arrière plan
Bateau mère © Etienne Fleurant

Cela nous a permis de remonter un affluent du Rio Negro, le Rio Padauri sur lequel peu d’équipes pouvaient alors se rendre. Contrairement aux eaux du Rio Negro, les eaux du Padauri sont blanches, chargées en alluvions de toutes sortes et vraiment productives. De plus, le profil devient plus étroit, plus familier. La quantité de poissons, notamment sur les arrivées d’eau des lagos y est impressionnante et nul besoin d’être un aquariophile converti pour profiter du spectacle. Scalaires, Discus, Oscars et autres poissons d’ornement défileront sous vos yeux.

Dans ces conditions, nous avons pu vivre des journées à plus de 20 peacocks, toutes espèces confondues, capturés quasi exclusivement en surface avec des stickbaits et des leurres à hélice. Ajoutées à cela des touches régulières de trairas, de biccudas et d’arwanas, les journées furent particulièrement remplies et le stock d’hameçons mis à rude épreuve. En revanche, le poids moyen des captures devait se situer un peu au-dessus de 2 kg/2.5kg et les poissons de plus de 6 kg furent peu nombreux. Mais cette abondance fut idéale pour prendre contact avec ces espèces et pour cerner certains aspects comportementaux.

une joile capture de peacock bass
Un joli spécimen – © Etienne Fleurant

À peine rentrés, nous avions quasiment déjà programmé une nouvelle venue et projeté de remonter encore plus haut sur la rivière jusqu’à la frontière vénézuélienne. Malheureusement, cela ne se déroulera pas comme nous l’entendions.  L’année fut anormalement sèche et les niveaux d’eau en dessous de 5/7 m par rapport à la côte normale. Dans ces conditions, il nous était alors impossible de visiter les affluents et nous avons donc été cantonnés au Rio Negro, à l’arrivée du Preto et du Demini.

spot de pêche de peacock bass sur le Rio Negro
Un spot à gros poissons ???© Etienne Fleurant

La pêche a donc été fortement impactée, et la recherche de poissons plus gros a été décidée compte tenu de la densité plus faible. De plus, les distances entre les postes étant bien plus grandes, un mauvais choix peut facilement impacter la demi-journée de pêche : finir la journée avec 1 ou 2 poissons était tout à fait possible. Nous avons tout de même trouvé quelques zones bien habitées ; les trairas sont omniprésents et occupent les temps morts. En contrepartie si le nombre de captures a largement été divisé par rapport au voyage précédent, tous les pêcheurs présents ont eu la chance de capturer un poisson de plus de 6 kg.

petit pléco des euax brésiliennes
Pléco – © Etienne Fleurant

Comment s’y rendre et à quelle période ?

Situé en hémisphère sud, la période propice se situe entre octobre et février. L’idéal étant qu’il n’y ait pas trop d’eau ce qui a tendance à disperser les poissons dans la forêt mais suffisamment tout de même pour pouvoir accéder aux nombreuses ramifications. Compte tenu de ces informations, la période mi-décembre/mi-janvier représente généralement le meilleur compromis.

Proche de l’Equateur, les journées durent 12 h, grosso modo de 6 h à 18 h. La température peut être insoutenable aux heures le plus chaudes mais vous pouvez également faire face à une grosse averse. L’habillement gagnera donc à être composé de vêtements légers, qui sèchent vite et qui couvrent suffisamment le corps pour éviter les brûlures. En revanche, compte tenu de la différence importante de température jour/nuit, vous supporterez facilement une veste à la tombée de la nuit.

Embarcadère de Manaus
Embarcadère de Manaus -© Etienne Fleurant

Pour pêcher le Rio Negro, le meilleur moyen est de se rendre à Manaus, grande ville au contraste évident, à cheval entre le développement économique et industriel et l’héritage ancestral. La capitale de l’état d’Amazonas, vous permettra alors de prendre la direction de Barcelos.

Barcelos, capitale mondial du cardinalis, poisson d’aquariophilie mondialement connu s’est retrouvée forcée de se convertir à la pêche sportive après la disparition de la ressource due à une surexploitation. De ce point, plusieurs choix s’offriront. Parmi lesquels vous pourrez embarquer sur un bateau charter, louer une barque ou poursuivre votre route jusqu’à Sainte Isabella.

Si vous penchez plutôt pour un bout de confort, il vous faudra vous tourner vers les charters dont certains sont même très confortables. L’inconvénient, c’est que la zone d’exploitation sera limitée et que vous aurez à faire face à une réelle concurrence. Cependant, vous pratiquerez à bord de bateaux très bien équipés et vous disposerez de guides expérimentés.

Si vous êtes plus aventurier, alors mieux vaut tenter l’aventure sur un bateau plus petit pour s’enfoncer plus profondément sur la rivière et visiter les affluents. Cela se fera au détriment du confort, de la nourriture mais vous gagnerez en qualité de pêche.

pêcheurs en action sur le bass boat
Les pêcheurs en action © Etienne Fleurant

La dernière solution, c’est de rester à Barcelos et de louer à la journée les services d’un guide qui vous fera visiter les zones voisines qui ne sont finalement pas si exploitées que cela. C’est la solution idéale si vous voyagez en famille par exemple.

L’embarcadère de Barcelos n’est pas très grand, et quelques heures vous suffiront pour avoir une bonne vue de l’offre disponible. Ainsi la meilleure solution pour trouver un voyage adapté c’est d’avoir du temps. Mais finalement, peu de personnes ont ce luxe, du coup vous aurez probablement à réserver à l’avance auprès d’un voyagiste. Cela peut aller du luxueux Captain Peacock où vous dormirez en chambres climatisées, avec bar et repas à bord et vous pêcherez sur des bass boat type Tracker motorisés par 90cv, jusqu’au Demeni, bateau plus petit avec barque alu de 4 m et 25cv. On peut également citer le Kalula, le Savana…

Le Brésil n’est pas un pays très cher, une chambre d’hôtel très confortable à Manaus vous coûtera environ 30 euros, et vous trouverez bien moins cher si vous êtes prêt à faire quelque concession. C’est la même chose pour les repas, avec 5 euros vous mangerez n’importe où et avec 25 euros, vous vous régalerez d’une fameuse Churrascaria dans un établissement de bon niveau. À Barcelos, vous serez loin de tout. Et s’il y a des voitures, elles sont livrées par bateau. La ville n’est pas très développée mais il y a quand même plusieurs hôtels et plusieurs restaurants. Vu que tout arrive par bateau, ravitaillement, carburant… les prix ne sont pas forcément plus bas qu’à Manaus par exemple.

Sécurité/santé

Clairement, ce n’est pas le type de destination touristique qui propose une large diversité d’activités. Hormis des activités orientées sur la nature, il n’y a finalement pas grand-chose à faire le long du fleuve. De plus même l’aspect sécuritaire doit être pris en compte selon les zones visitées.

Seul le vaccin de la fièvre jaune est obligatoire pour vous rendre au Brésil. Cependant selon le type de voyage que vous envisagez, d’autres vaccins et traitement pourront être envisagés. Le long du fleuve, il n’y a pas de moustiques, l’acidité de l’eau ne leur convient pas. En revanche, dans certaines zones de la ville, il se peut que vous en rencontriez (par exemple à l’hôtel s’il n’y a pas de clim). Du coup, un traitement anti-palu peut s’administrer.

Concernant la typhoïde, les hépatites, l’inhibiteur de rage, cela dépend de votre programme. Gardez seulement à l’esprit que si vous vous enfoncez dans la forêt, le danger réside plus dans l’éloignement des services que vis-à-vis des dangers de la forêt.

caiman du Rio Negro
Petit caïman deviendra grand © Etienne Fleurant

Sur le fleuve, malgré la présence de nombreux animaux et poissons comme les caïmans et les piranhas, ce n’est pas forcément dangereux si l’on prend quelques précautions. Évidemment, on évitera le bain de minuit. De même, lors des marches dans l’eau, il est conseillé de toujours porter des chaussures et de traîner les pieds afin de déloger les raies plutôt que de les écraser et d’en subir les douloureuses conséquences. Préférez dormir près du fleuve que dans la forêt pour éviter les chauves-souris qui peuvent être porteuses de la rage.

Le nécessaire de survie est également à prévoir. En plus de médicaments généralement prescrits pour ce type de voyage (Nurofen, Tiofan, Bisceptine, soutures…), il n’est pas inutile d’avoir des solutions de traitement pour l’eau (gourdes filtrantes, Micropur) et quelques compléments alimentaires au cas où.

Si vous partez plus ou moins en autonomie, logez dans votre sac quelques cubes de bouillon et 2/3 épices, cela agrémentera un peu le riz blanc et le poisson que vous dégusterez chaque jour…

Matériel de pêche, permis

Soit vous devrez vous occuper de vos autorisations avant le voyage, soit il vous faudra faire les démarches à Manaus. Idem pour le matériel, vous trouverez tout le nécessaire à Manaus mais quasiment plus rien en remontant la rivière.

Emmenez au maximum votre propre matériel et contentez-vous d’acheter seulement les spécificités (poissons à hélice en particulier) lors de votre passage à Manaus (qui est quasi obligatoire).

les différents types de leurres à prendre pour cette pêche : poissons à hélice, minnows, stickbaits et poppers
Quelques leurres qui ont fait le voyage © Etienne Fleurant

Voici simplement un exemple de quelques leurres qui se sont promenés aux alentours du Rio Negro : poissons à hélice type High Roller et Luhr Jensen, minnows (Saruna et BKS), stickbaits et poppers genre Feed Popper, Mousty, Chatterbeast.

Point Carte

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